« Bonjour madame Ginette.
« Tiens, madame Autrout. Comment ça va Huguette ?
« Bien Ginette, bien. Alors, vous êtes revenue de vacances ?
« Ben oui, pisque j’suis là. C’t’idée.
« Et ça s’est bien passé ces vacances ?
« Ben vous savez, avec Lucette, des fois c’est pas des vacances !
« Ah bon ?!
« Oui, des fois.
« Des fois ? Quesqu’y vous est donc arrivé ?
« Ben une fois, elle a failli me noyer !!
« Comment ça ? Elle nage pourtant comme un poisson !
« Oui, peut-être, mais, … elle m’a fait tomber de ma bouée, et je suis restée coincée en dessous, et là … J’vous dis pas !
« Quesqu’elle a fait ?
« Ben elle a pas réussi tout de suite à me sortir la tête de l’eau et …
« ça, c’est normal, vu son gabarit et le vôtre. C’est qu’elle est pas épaisse la Lucette. Tandis que vous … !
« Quoi moi ? Quesque j’ai moi ?
« Ben vous êtes d’un gabarit, … euh plus que …
« Plus que quoi ?
« Eueueuh, un peu plus important que Lucette.
« Hmmm ouais, un peu plus, mais c’est facile. N’empêche qu’elle a pas réussi tout de suite à me ramener …
« Mais vous êtes là, c’est l’essentiel.
« Tiens ! Bonjour Ginette. Ah vous êtes avec Huguette Autrout, comment ça va ?
« ça va, justement Ginette me racontait comment vous l’avez sauvée de la noyade.
« Sauvée, faut pas exagérer, j’étais pas encore morte.
« C’est vrai, j’ai pas eu le temps de lui faire le bouche-à-bouche.
« Heureusement encore !Vous imaginez ça Huguette ?
« Très bien, ç’aurait été comme si elle vous mettait au monde une deuxième fois. Et en tant que sage-femme, moi, Huguette Autrout, je comprends tout à fait.
« Ooooh n’exagérons rien, je n’ai fait que mon devoir, j’ai sauvé une grande amie et c’est ma fierté !
« Dites Lucette, vous auriez pas les chevilles qui enflent des fois ? ça serait bien la seule chose qui serait enflé chez vous ! Et pis Huguette, vous savez pas ce qui lui est arrivé à la Lucette ?
« Non ! Quoi donc ?
« A moi ? Y m’est rien arrivé. J’ai passé de bonnes vacances.
« Sauf la fois où vous êtes restée suspendue par votre stringue à la selle de la rosalie !!! Ho ho ho ho !!
« Lucette ? Suspendue par un stringue ?
« Ouiiiii ! Hi hi hi hi !On aurait dit une araignée au bout de son fil ! Ha ha ha ha !!
« Hé hé hé !
« ça n’est pas très charitable de se moquer de son prochain. Pisque c’est ça, je vous laisse !
« Nooon ! Partez pas Lucette.
« Allez ma Lulu, y a pas eu mort de femme, et pis ça fait des souvenirs.
« Oui, mais vous étiez pas obligée de raconter ça à … à … n’importe qui.
« Dites Lucette je suis pas n’importe qui !
« Eueuh c’est pas ce que j’ai voulu dire.
« Oui, mais vous l’avez dit et je vous prierais de …
« Hola hola madame Autrout, s’agirait pas de traiter mon amie Lucette de … euh … de
« Pour l’instant je ne l’ai pas traitée, mais si …
« Y a pas de si ! Huguette Autrout, vous allez vous calmer !
« Mais je suis calme !
« Tant mieux, tant mieux. Vous venez Lucette, y faut que j’aille chez Ahmed pour acheter des yaourts. Je vous salue madame !
« Et bien moi pas ! Et vous savez, chez Ahmed, y a pas de yaourts allégés !
« Dites la mère Autrout, ça veut dire quoi ça ?
« ça veut dire ce que ça veut dire.
« Continuez comme ça, et j’vous en r’tourne une !
« Allons allons mesdames ! Calmez vous, c’est rien et mon string a bien tenu. Finalement, c’était rigolo, vous avez raison.
« Hein ?
« Quoi ?
« Je veux dire que c’est pas la peine de se fâcher pour des histoires qui ne concernent que moi.
« Ah pardon Lucette, vous avez quand même raconté à cette dame, que vous vouliez me … euh, … faire un bouche-à-bouche, … euh, disons douteux.
« Comment ça douteux ?
« Ben oui, douteux, pasque, ça ne s’imposait pas, et donc les gens sur la plage aurait pu croire que … que … enfin vous me comprenez.
« Non, je comprends pas ! Vous étiez presque noyée, et vous ne respiriez quasiment plus ! »
« Mais pas du tout, j’étais encore là !
« Ooooh, ça ne se voyait pas beaucoup !!
« … Eueueuh … Mesdames je vous laisse, je dois …
« C’est ça ! Au revoir ! Je vous dis Lucette que j’étais parfaitement consciente !
« Ah oui, ? Et ben on l’aurait pas dit ! Et …
« ça y est Lucette, on peut arrêter.
« Arrêter ? Arrêter pourquoi ?
« Elle est partie, on peut arrêter.
« Partie ? Qui ça ?
« L’Huguette Autrout, elle est partie, on peut arrêter de se chamailler, voilà ! Elle veut toujours tout savoir cette vieille chouette, curieuse et rapporteuse, j’ai bien cru que je pourrait pas m’en dépêtrer.
« … ??? …Ah bon, on se chamaillait pas ?
« Meueueuh non Lucette ! Vous savez bien qu’on se chamaille jamais nous z’autes. Des fois on discute, mais on se dispute jamais.
« Alors là ? C’était pour …
« Oui Lucette, c’était pour qu’elle s’en aille. On n’allait quand même pas lui raconter nos vacances !
« ça non Ginette, vous avez raison. On va chez Ahmed ?
« Ouais Lulu. A lui on peut tout dire, il est muet comme une tombe.
« Pourtant l’autre jour, y m’a dit …
« ça fait rien Lucette, allons-y.
« Je passe devant Ginette.
« Allez-y. … !!! ??? Dites Lucette votre tenue est toute fripée derrière.
« C’est pas possible ça Ginette.
« Ben si c’est possible !
« Je vous dis que c’est pas possible !
« Pourquoi ?
« pasque j’ai mis un ‘dos-nu’ … !!!
« … !!! ...





